Description

 

Le Calice de Valence est composé de plusieurs parties d'époques différentes:[1]

  • la partie inférieure, que constitue la base ou pied du calice, est un vase ovale renversé, en cornaline, pourvu d'un rebord en or... La base a une longueur de 14,5 cm et une largeur de 9,7 cm.  Sur cette partie du calice est gravée une inscription en arabe coufique.

           La base du calice supporte une garniture en or pur sur laquelle sont montées vingt sept perles, deux rubis et deux émeraudes de grand            prix. Sur le dessus de cette base est fixé un petit socle de forme quasi rectangulaire aux petits côtés arrondis, tournés vers l'intérieur                et mesurant 4 cm sur 3 cm pour une hauteur de 5 mm.                                                                                   

  • la partie médiane, reposant sur le pied du calice, comprend deux anses se rejoignant sur une tige comportant une sorte de nœud ou écrou rond en or. Elle mesure 7 cm de longueur au total.
  • la partie supérieure constituée d'une coupe en agate ou cornaline orientale, de forme hémisphérique. Elle a un diamètre de 9,5 cm et une profondeur de 5 cm. La hauteur de la coupe, de la base jusqu'au bord fait 7 cm. L'intérieur et l'extérieur sont lisses, sans aucun ornement si ce n’est une ligne incisée soulignant le bord. Une petite fracture a été causée le 3 Avril 1744, lors de l'utilisation de la coupe le Vendredi Saint, et fut réparée par l'orfèvre Luis Vicente et ses fils Luis et Juan, sous la surveillance du notaire Juan Claver et de chanoines.
 

L'étude de l'objet en 1960, effectuée par Don Antonio Beltrán, professeur d'archéologie à l'Université de Saragosse, a déterminé que les trois parties composant le calice étaient indépendantes les unes des autres à l'origine et ne sont pas de la même époque: la base du calice est un vase égyptien ou califal, datant du 10ème ou 11ème siècle, selon lui, qui a été ajouté à la coupe vers le 14ème siècle environ.

 

La coupe qui constitue la partie supérieure du calice est quand à elle, datée entre le premier siècle avant et le premier siècle après Jésus-Christ et taillée dans une pierre d'origine orientale, Égypte, Syrie ou Palestine.

 

Quant aux perles et autres pierres précieuses, elles sont plus tardives que les deux éléments cités ci-dessus.

 

En 2002, Janice Bennett a publié une étude sur le Calice de Valence.[2]

Du 7 au 9 Novembre 2008 a eu lieu un Congrès international sur le Saint Calice.[3]

 

 

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-1er siècle, à Jérusalem, la coupe de la Cène était conservée.

-1er siècle, à Rome, la relique est emportée par Saint Pierre.

-en 258, le calice est emporté à Huesca en Espagne.

-en 711, la relique est emportée dans la grotte de Yebra, dans les Pyrénées aragonaises.

-au 9ème siècle, dans le monastère Saint-Pierre de Siresa, le Calice de Valence est déposé.

-9ème-10ème siècle, c'est à Sainte-Marie de Sasabre que la relique est transférée.

-de 1014 à 1045, à Bailo, dans l'église de la Corte, la relique est conservée.

-de 1045 à 1071, à Jaca, le Calice de la Cène est accueilli.

-de 1071 à 1399, le monastère Saint Jean de la Peňa conserve en son sein la précieuse relique.

-1399-? Dans la chapelle royale du palais de l’Aljaferia de Saragosse, le Calice est alors recueilli.

-en 1410, à Barcelone, la relique était conservée dans la résidence personnelle du roi.

-en 1414 ou 1424, à Valence la relique est emportée.

-de Mars 1809 à Février 1810, le Calice est déposé à Alicante.

-de Mars 1810 à Février 1812, à Ibiza, la relique est conservée.

-de Février 1812 à Septembre 1813, à Palma de Mallorca, le Calice est transféré.

-de 1813 à 1936, la cathédrale de Valence accueille à nouveau la relique.

-entre le 21 Juillet 1936 et le 30 Mars 1939, entre Valence et Carlet la relique trouve refuge.

-depuis le 30 Mars 1939, le Calice de Valence est conservé dans la cathédrale.[4]

 

Historique

 

Pour tenter de retracer l'histoire du Calice de Valence, je me suis appuyée sur un site espagnol.[5] D'après la professeure américaine Janice Bennet, des études ont mis en évidence une tradition selon laquelle le lieu du Cénacle et le Calice de la Cène à Jérusalem appartenaient à la famille de Saint Marc.

 

Celui-ci aurait donné la coupe à Saint Pierre. Ce dernier l'emporte alors à Rome, où il la remet entre les mains de son successeur; la relique se transmet de pape en pape jusqu'en 258. A cette époque, les persécutions sévissent sous l'empereur Valérien.

 

C'est pourquoi le Pape Sixte II confie la relique à Laurent, un de ses diacres, qui n'eut que le temps, avant de subir le martyr, de la donner à ses parents, Orencio et Paciencia.  

 

Le Calice demeure alors caché à Huesca, en Espagne, sans doute déposé dans l'église Saint-Pierre-le-Vieux jusqu'en 711. Cette année-là, l'invasion arabe contraint Acilso, évêque d'Huesca de fuir avec la relique, laquelle trouva refuge successivement dans une grotte de Yebra, située dans les Pyrénées aragonaises, puis au monastère Saint Pierre de Siresa, dans la localité d'Hecho au 9ème siècle, lieu du siège épiscopal; la relique est ensuite déposée à Sainte-Marie de Sasabre, dans la localité de Saint Adrien, non loin d'Aisa, où fut transféré aussi le siège épiscopal; puis dans l'église de la Corte à Bailo de 1014 à 1045.

 

Lorsque le siège épiscopal est transféré de Bailo à Jaca, le Calice trouve le même destin, tout d'abord dans une église ou un monastère, avant d'être recueilli dans la nouvelle cathédrale vers 1063. En 1071 environ, le monastère Saint Jean de la Peňa a le privilège de conserver la relique en son sein, jusqu'en 1399.

 

C'est alors que le roi d'Aragon, Martin el Humano demande et obtient du monastère le précieux Calice, qui est alors déposé dans la chapelle royale du Palais de la Aljaferia de Saragosse. En 1410, l'inventaire des biens du monarque, effectué lors de son décès, cite le Calice dans sa résidence personnelle à Barcelone. En 1414 ou 1424, Alfonse V, fils et successeur du roi, emporte avec lui la relique dans son palais royal de Valence, et le 17 Mars 1437 en fait don à la cathédrale. Le Calice demeure en ce lieu sans encombre jusqu'au début du 19ème siècle. Toutefois le 3 Avril 1744, le célébrant le laisse tomber malencontreusement à terre et il se fracture; mais il sera réparé par l'orfèvre Luis Vicent et ses fils Luis et Juan, sous la surveillance du notaire Juan Claver et de plusieurs chanoines.

 

Dans le contexte de l'invasion des troupes françaises en Espagne, sous le commandement de Napoléon, la relique est cachée de Mars 1809 à Alicante et revient en Février 1810 à Valence. Un mois plus tard, un nouveau transfert s'impose, cette fois à Ibiza, puis en Février 1812, à Palma de Mallorca. Ce n'est qu'en Septembre 1813 que le Calice revient à Valence.

 

En 1916, Monseigneur Valeriano Menendez Conde, de commun accord avec le chapitre de la cathédrale, dépose la relique dans l'ancienne salle capitulaire du siège épiscopal.

 

Lors de la guerre civile espagnole, le 21 Juillet 1936, le Calice de Valence est emporté de justesse, par des paroissiens, juste avant le saccage de la cathédrale par les révolutionnaires. Il demeure caché dans plusieurs domiciles de paroissiens à Valence puis Carlet jusqu'au 30 Mars 1939. Il retrouve alors sa place dans la cathédrale de Valence où il demeure encore aujourd'hui.

 

Une copie du calice de Valence en 2007

 

Une copie du calice de Valence a été réalisée en 2007. Elle est destinée à la ville de Villa de las Ferias (Medina), en Espagne. Elle est conservée actuellement dans un couvent avant d'intégrer le futur centre culturel de San Vincente Ferrer. Un culte religieux est prévu lors des futures semaines saintes.[6]

 

 

Culte

 

Selon Salvador Antuniano Alea, le fait que le canon de la messe précise "hunc...calicem", ce calice, et non pas "calicem" le calice, laisse supposer que les papes utilisaient pour dire la messe, le Calice dont le Christ lui-même se servit pour dire la dernière Cène.[7] "Accipiens et hunc praeclarum calicem in sanctas ac venerabiles manus suas…" ce qui signifie: (le Seigneur) prenant aussi ce précieux calice dans ses mains saintes et vénérables.

En 1959, le Calice est emporté en pèlerinage sur les terres d'Aragon, par où jadis, il passa.[8] 

En 1982, lors de son séjour dans la ville, le pape Jean Paul II dit la messe avec le Calice de Valence.[9]

En 2006, le Pape Benoît XVI dit la messe avec la relique à Valence.[10]

 

 

 

 

 

 

 


 

[1] Pour procéder à la rubrique description, une traduction en français des informations trouvées sur le site http://www.aragonesasi.com/libros/santocaliz.php en espagnol, basé lui-même sur le livre de Manuel Sancho  Navarrete, El santo Caliz, s'est avérée nécessaire. Lien valide le 29 Avril 2010.

 

[2]Bennett J., Saint Laurence and the holy Grail: The story of the Holy Calice of Valencia.

 

[3] http://calicevalencia.blogspot.com/ Lien valide le 29 Avril 2010.

 

[4]http://terraeantiqvae.blogia.com/2005/090501-valencia.-nuevos-datos-del-santo-caliz-de-la-catedral.php Lien valide le 29 Avril 2010.

 

[5] http://terraeantiqvae.blogia.com/2005/090501-valencia.-nuevos-datos-del-santo-caliz-de-la-catedral.php Lien valide le 29 Avril 2010.

 

[6] http://calicevalencia.blogspot.com/ Lien valide le 29 Avril 2010.

 

[7] http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint_Calice Lien valide le 29 Avril 2010.

 

[8]http://terraeantiqvae.blogia.com/2005/090501-valencia.-nuevos-datos-del-santo-caliz-de-la-catedral.php Lien valide le 29 Avril 2010.

 

[9] Idem

 

[10] http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint_Calice Lien valide le 29 Avril 2010.

 

 

Le Calice de la Cène à Valence

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