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1. Les sources archéologiques et épigraphiques

 

Les fouilles archéologiques sont l’occasion de faire des découvertes de reliques ou indirectement de reliquaires: il convient ici de citer par exemple l’ouvrage de Brigitte Pitarakis sur les croix-reliquaires pectorales en bronze, dont un grand nombre a été mis au jours lors de fouilles de cimetières, de zones artisanales ou encore de maisons: si l’on ne peut pas de façon obligatoire dire que ces reliquaires ont renfermé un fragment de la vraie Croix, -en effet, ils pouvaient très bien contenir d’autres reliques- il est néanmoins possible de penser qu’un certain nombre a pu en contenir.

 

Les églises ou monastères ne sont pas non plus à dédaigner: par exemple, la Tunique d’Argenteuil a été redécouverte lors de travaux dans la zone du monastère, ou encore la Tunique de Trèves dans un coffre sous l’église au Moyen Age, ou encore des fragments de la relique de la vraie Croix sous des autels, dans des chapiteaux, des clochers…

 

N’oublions pas aussi les Lieux saints, par exemple le Saint-Sépulcre ou encore le Golgotha, découverts par Sainte Hélène lors de fouilles menées à Jérusalem.

Les archéologues d’aujourd’hui se sont encore penchés sur la zone et ont pu ainsi découvrir que le Golgotha actuel est bien en dehors de la ville de l’époque du Christ, ainsi que le disaient les évangiles.

 

La Prison du Christ a fait l’objet d’études archéologiques aussi, ainsi que les lieux de l’agonie du Christ par exemple, mais la liste n’est ici pas exhaustive.

 

N’oublions pas non plus les inscriptions épigraphiques, retrouvées lors de fouilles archéologiques et qui permettent de connaître l’existence antérieure d’une relique.

 

Voici deux exemples concrets:

 

Datée d’après 359, une "mensa" ou table, est pourvue d’une inscription désignant un fragment de la vraie Croix.[1]

 

Avant 374, au Cap Matifou, à Alger, l’inscription dédicatoire d’une basilique nomme un fragment de la vraie Croix.[2]

 

 

2. Les traditions orales

 

Même si elles sont difficilement vérifiables, elles ont pu jouer un grand rôle, surtout aux premiers siècles, pour la localisation des lieux saints, ou encore les lieux de cachette ou les historiques de certaines reliques de la Passion.

 

Au Moyen Age, on apportait une grande importance à la tradition orale que l’on pouvait juger fiable à cette époque, les écrits étant beaucoup moins répandus qu’actuellement. Quelquefois, on porte un jugement trop hâtif, considérant que les seules textes écrits ont de la valeur et qu'à partir du moment où on n'en trouve pas de traces à une époque donnée, la relique devient douteuse voir fausse.

Bien sûr, les sources écrites sont beaucoup plus fiables et il ne s'agit pas de tomber dans l'excès inverse, ce qui serait tout aussi regrettable!

Toutefois au Moyen Age le témoignage oral avait toute son importance. Et cette considération est à prendre en compte pour certaines lacunes historiques.

 

Il s'agit toutefois d'être extrêmement prudent au regard de certaines chansons ou certaines œuvres littéraires, reflets d'une tradition orale, faisant référence aux reliques: parfois ces sources constituent le seul témoignage de l'existence des reliques à une époque donnée, elles reflètent une certaine réalité à laquelle l'imaginaire se mêle, mais jusqu'à quel point?...

 

Il convient toutefois d’en tenir compte, avec une grande prudence, et quand cela est possible, de vérifier telle ou telle tradition par d’autres moyens (fouilles archéologiques par exemple, sources historiques).

 

Ne serait-ce que pour donner un exemple, cela concerne le chemin de la Croix qu’a emprunté le Christ pour aller au Golgotha : à Jérusalem, il en existe plusieurs possibles, cela dépend des confessions, par exemple, un chemin de croix remonte à l’époque des croisés, mais un autre chemin de la croix est pratiqué par les arméniens ou les orthodoxes.

 

Les lieux du Calvaire et du Sépulcre du Christ, pendant les premiers siècles, ont été localisés et trouvés par Sainte Hélène, grâce à la tradition orale qui se perpétuait parmi les premiers chrétiens venant de Jérusalem.

 

 

 

 

 

[1] Frolow A., 3.

[2] Idem, 4.

Les sources archéologiques, épigraphiques et les traditions orales 

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